Fabrice Dhume





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Enseignant-chercheur à l'université Paris 7 Diderot, UFR de sciences sociales, dans le Master « Migrations internationales et relations interethniques » et en Licence de sociologie

Chercheur à l'ISCRA – Institut social et coopératif de recherche appliquée.

Chercheur associé à l'URMIS Paris - Unité de recherche Migrations et sociétés (CNRS UMR 8245 – IRD UMR 205 - Universités Paris 7 et Nice Sophia Antipolis)

Membre du comité d'orientation de la revue Diversité Ville-école-intégration (CNDP, ministère de l'Education nationale)

Membre du comité scientifique du RIED - Réseau international "Education et diversité"

 

Principaux domaines de recherche

Sociologie des discriminations ; sociologie des politiques publiques d'intégration, d'égalité et de lutte contre les discriminations ; approches théoriques des rapports sociaux ethnico-raciaux et articulation des rapports sociaux de classe, de genre et de « race » ; prise en compte de la « diversité » à l'école et expériences scolaires des publics minoritaires ; sociologie de la coopération interinstitutionnelle (partenariat, réseau...) dans les politiques et l'action publiques

 

  Disciplines
  •  Education sciences
  •  Sociology


  •   Research center or department
  •  CRISIS
  • Research topics

    - Discrimination, ethnicité et racisme à l'école

    J'ai développé depuis 2003-2004 une série de recherches portant sur la discrimination, l'ethnicité et le racisme à l'école et dans les institutions éducatives. Je m'intéresse particulièrement : au statut de ces questions et catégories dans l'univers scolaire et dans l'imaginaire de l'institution ; aux processus et pratiques de production de la discrimination dans diverses dimensions du système scolaire (orientation, stages, etc.), ainsi qu'à leurs justifications institutionnelles et professionnelles ; à l'expérience d'ethnicisation, de discrimination et de racisme des élèves (ou des publics de ces institutions) et des enseignants ou éducateurs, ainsi qu'à leurs pratiques et tactiques face à celles-ci ; aux pratiques, aux organisations et aux stratégies d'action publique permettant de faire avancer la reconnaissance de ces questions et d'infléchir concrètement les processus discriminatoires. Je participe par ailleurs à un groupe de chercheurs francophones qui s'attèle depuis 2012 à la structuration d'un Réseau thématique international « Education et diversité » (RIED), qui s'inscrit à ce jour dans le cadre croisé du CEETUM - université de Montréal, du département Sciences de l’éducation de l’Université de Genève, et du réseau SFERE de l’Université d’Aix-Marseille. Dans une perspective de sociologie publique, j'ai contribué à la structuration d'un Réseau professionnel national de lutte contre les discriminations à l'école, qui est aujourd'hui adossé à l'Institut français d'éducation (IFE).

     

    - Discriminations ethnico-raciales en France

    Une autre série de travaux – antérieure et liée à la précédente - est ancrée dans la problématique générale des discriminations, notamment relatives au rapport social ethnico-racial. Cela m'a conduit à travailler, simultanément ou successivement diverses dimensions : les transformations des référentiels et paradigmes d'action publique depuis les années 1970 (immigration, intégration, antiracisme, interculturalité, lutte contre les discriminations, diversité et mixité...) ; les conditions d'émergence et de mise à l'agenda du problème public des discriminations ainsi que les résistances à sa reconnaissance politique (stratégies de dénégation, d'occultation, etc.) ; les formes de production en réseau ou « systémique » des discriminations dans plusieurs secteurs d'activité (emploi et insertion, logement, police, école...) et les logiques de coproduction dans lesquels sont engagés les acteurs en situation d'intermédiation ; l'articulation des rapports sociaux, notamment dits « de classe, de sexe et de race », et les circulations ou recombinaisons entre ces différentes formes de domination et de catégorisation ; les logiques d'action ou d'inaction publique face à la discrimination.


    - L'interinstituationnalité et l'intersectorialité dans l'action publique

    J'ai conduit une série de travaux sur une approche analytique et critique de la coopération et de l'interinstitutionnalité dans les politiques publiques et dans l'action publique en France. Dans une approche généalogique, j'ai cherché à comprendre les transformations des politiques publiques dans le sens de l'intersectorialité (injonction au partenariat, émergence de métiers flous, dispositifs intersectoriels et interinstitutionnels...) par exemple entre les champs social et médical, dans les domaines de la politique de la ville et de l'insertion, ou entre l'école et l'entreprise. Dans une perspective critique, il s'agit de déconstruire les mots du pouvoir de ce nouveau mode de gestion (partenariat, réseau...) et de comprendre les nouvelles formes de contrôle et de production d'un consensus social qu'ils recouvrent. Dans une perspective compréhensive et contributive, enfin, il s'agit d'observer les pratiques professionnelles face à l'injonction au partenariat et ce faisant de dégager des pistes pour repenser et renouveler les pratiques, et pour développer des formes de coopération démocratiques concrètes.


    Category
  • Educational and social inequalities
  • Policy
  • Teaching practices

  • Level (of schooling)
  • primary education
  • lower secondary education
  • adult education
  • upper secondary education
  • postgraduate studies

  • Keywords
  • inequality
  • drop out
  • discriminations
  • balance of power
  • partnership

  • Major publications
    [2014] Entre l'école et l'entreprise, la discrimination en stage. Une sociologie publique de l'ethnicisation des frontières scolaires : ouvrage

    DHUME-SONZOGNI F., Entre l'école et l'entreprise, la discrimination en stage. Une sociologie publique de l'ethnicisation des frontières scolaires, Aix-en-Provence, éd. Presses universitaires de Provence (coll. « Sociétés contemporaines »), 2014, 274 p.

    Depuis les années 1970, l’institution scolaire est l’objet d’une double critique, concernant les inégalités qu’elle reproduit et sa « distance » avec le monde du travail. « Nouvelle » recette politique censée répondre simultanément à ces deux enjeux, les stages en entreprise sont promus par les pouvoirs publics depuis cette époque. Derrière les discours mythologiques sur l’entreprise-formatrice, l’organisation concrète de cette relation entre l’école et l’entreprise est plus complexe et problématique. Loin de régler les questions d’inégalités, les stages sont l’un des lieux où les processus de discrimination se déploient, engageant directement la responsabilité des agents scolaires, en principe chargés d’assurer la légalité et la pertinence pédagogique de ce cadre de formation. Comment l’institution scolaire appréhende-t-elle ce problème ? Comment les établissements s’organisent-ils face à ces enjeux ? Quelles sont les pratiques des enseignants à l’égard des discriminations en stage ? Et comment les élèves vivent-ils ces expériences de discrimination scolaire ?

    Fruit d’une recherche au long cours, construite dans une perspective de sociologie publique avec les professionnels au sein de l’institution scolaire, cet ouvrage aborde pour la première fois ces questions. À travers une analyse des rapports de pouvoir entre l’école et l’entreprise autour des stages, il montre comment les discriminations prennent place – et parfois prennent sens – dans les rapports scolaires. Il montre aussi comment l’école contribue à produire les discriminations en stage tout en les niant, ce qui rend compliquée la régulation de ces phénomènes. Phénomènes qui affectent les trajectoires des élèves concernés et minent leur confiance envers l’école publique.

    [2014] Former sur la discrimination à l'école : l'enjeu d'un travail sur et avec la dénégation : chapitre d'ouvrage

    DHUME F., « Former sur la discrimination à l'école : l'enjeu d'un travail sur et avec la dénégation », in Sanchez-Mazas M. (dir.), L'éducation et la formation face à la diversité culturelle. Regards critiques sur un domaine en construction, Bruxelles, éd. De Boeck, à paraître, 2014.

    En France, la formation de ses agents sur la discrimination, notamment ethnique ou raciale, a récemment été incluse dans les objectifs des ESPE, par la loi d'orientation « pour la refondation de l'école de la République » (2013). Cette « reconnaissance » tardive – quinze ans après que l'Etat ait officiellement fait de cette question une priorité politique, en 1998 – témoigne que l'institution est plus habituée à poser le problème en terme d'inadaptation des publics à l'école qu'en terme de responsabilité institutionnelle dans la production des inégalités. Dans ce contexte, comme l'ont déjà souligné les recherches sur l'éducation interculturelle, la formation professionnelle sur une telle question suppose d'ouvrir des espaces de réflexivité et d'analyse, afin d'interroger les « lunettes sociales » par lesquels la réalité sociale est « vue » et les problèmes, définis. L'expérimentation de tels espaces de travail, menée depuis le début des années 2000 dans le cadre de la politique publique de « lutte contre les discriminations », montre que l'appropriation de ces questions se heurte à de multiples obstacles. L'un des principaux obstacles a trait aux formes de dénégation, reconnaissant la question en général mais niant sa pertinence concrète et sa réalité objective en situation, et témoignant par là d'un problème d'acceptabilité et de statut de la question dans l'école et pour l'école. A partir de l'analyse d'une expérience de formation, ce texte soutient l'enjeu d'une prise en compte ce cette part de négativité dans les stratégies de formation professionnelle sur la discrimination.

    [2011] Orientation scolaire et discrimination. De l’(in)égalité de traitement selon « l’origine » : ouvrage

    DHUME F. (coord.), DUKIC S., CHAUVEL S., PERROT P., Orientation scolaire et discrimination. De l’(in)égalité de traitement selon « lorigine », Paris, éd. La Documentation française (coll. « Halde/Etudes et recherches »), 2011, 281 p.

    Réalisé à la demande de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE ) et de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSÉ), cette revue de la littérature scientifique française (1960-2010) vise à établir l’état des connaissances existantes et à repérer les problématiques spécifiques liées à l’origine dans les dispositifs d’orientation scolaire. Si, de longue date, les sciences sociales se sont penchées sur les inégalités dites "sociales" pour expliquer les différences de trajectoires, que savons-nous à ce jour de l'influence de "l'origine" dans l'orientation et les parcours des élèves ? Cette question, au cœur de la problématique de cet ouvrage, a été peu abordée en tant que telle par les chercheurs et peine encore à être identifiée au sein des travaux statistiques. Le mérite de cette revue de littérature, qui regroupe un corpus de plus de 450 textes scientifiques publiés entre 1964 et 2010, est de donner une visibilité à ce sujet peu traité, en évaluant l'état des savoirs et des recherches sur la question. Cette publication est d'autant plus précieuse qu'elle intervient au moment où la question des discriminations à raison de l'origine parvient à enfin s'inscrire à l'agenda des politiques publiques françaises.

    [2010] L’école face à la discrimination ethnoraciale : les logiques d’une inaction publique : article de revue

    DHUME F., « L’école face à la discrimination ethnoraciale : les logiques d’une inaction publique », Migrations-Société, vol.22, n°131 (« Action publique et discrimination ethnique »), 2010, p.171-184.

    Cet article revient sur le traitement par l’Education nationale de la question de la discrimination ethnico-raciale. Après une dizaine d’années de déni et d’occultation du « problème public », le ministère fait mine de le reconnaître et donne des signes d’une prise en considération du thème (circulaires de rentrée, colloque national, rapport au ministre…). Mais une analyse des normes et des orientations produites en la matière montre que la dénégation se prolonge, et qu’elle organise un cadre favorable non pas à une action publique antidiscriminatoire, mais à une inaction publique qui dévie aussitôt le problème vers une mise en accusation et une ethnicisation de certaines catégories d'élèves. Dans ce cadre, l’émergence locale de projets sur la discrimination dans diverses académies est fragilisée et maintenue dans la précarité, ce d’autant que la plupart des actions engagées se cantonnent à la marge quand elles ne substituent pas à l’objectif annoncé d’antidiscrimination une approche par l’insertion de publics ethnicisés.

     

    [2007] Racisme, antisémitisme et "communautarisme" ? L'école à l'épreuve des faits : ouvrage

    DHUME-SONZOGNI F., Racisme, antisémitisme et “communautarisme“ ? L’école à l’épreuve des faits, Paris, éd. L’Harmattan (coll. « Education et formation »), 2007, 304 p. (Préface de Françoise Lorcerie).

    L’école est-elle submergée par le racisme et l’antisémitisme ? Est-elle la proie et la victime de "dérives communautaristes" ? Entre l’interprétation des statistiques ministérielles et les fictions catastrophistes de l’après-11 septembre 2001, l’école publique fait l’objet d’une attention inquiète. Nombreux sont ceux qui s’interrogent, face aux signes manifestes d’une ethnicisation des relations sociales à l’école, mais aussi face à des évènements qui font disparaître les faits derrière une surinterprétation médiatique. Que se passe-t-il vraiment ? Pour la première fois en France, une étude armée par les méthodes des sciences sociales traite de ce qui se passe à l’école en fait de racisme. Elle tente de comprendre et de mettre en relation ce qui est signalé comme racisme par les autorités scolaires, ce qui est perçu et traité par les enseignants et les équipes, et ce que les élèves vivent du racisme à l’école. Se penchant sur les faits et sur leur construction, en croisant les interprétations, cet ouvrage donne à voir la complexité et l’ambivalence des processus à l’œuvre. Car les faits de racisme à l’école parlent aussi du fonctionnement de l’école. Et la possibilité d’agir contre le racisme à l’école dépend aussi de la capacité à transformer les rapports sociaux et éducatifs au sein de celle-ci.